25 min read

La montée de la haine, les fake news s’en prennent aux minorités en Corée du Sud

Le gouvernement et les médias sociaux ne parviennent pas à contrer la haine

English  Korean  Spanish  German  Dutch

Listen to this story instead (English).

Dans ce qui semble être un studio TV, un homme aux cheveux gris parle des derniers problèmes politiques et économiques en Corée du Sud. Il se comporte avec autorité, mais contrairement aux experts interviewés par les chaînes de télévision traditionnelles, son commentaire est truffé de théories du complot et de désinformation.

Au début du mois de décembre 2018, sa chaîne comptait plus de 320000 abonnés, rendant celle-ci plus populaire que les plus grandes chaînes de télévision publiques sud-coréennes, KBS et MBC.

Un article publié sur le site web Jeong Kyu-jae décrivant une parade des fiertés LGBTQ sur l’île de Jeju est un exemple de désinformation. Celui-ci décrivait comment un manifestant fut blessé par un véhicule de la parade et a recueilli plus de 50 commentaires. Une photo montrant des ambulanciers entourant le véhicule devait servir de preuve.

Des participants du festival dirent cependant que l’homme blessé avait rampé sous le véhicule pour bloquer la parade. Une vidéo montre l’homme luttant avec les policiers alors qu’ils essaient de le dégager. Cette vidéo capture aussi d’autres manifestants anti-LGBTQ qui ont essayé de bloquer la route en s’allongeant par terre et que la police a dû déloger.

La popularité de ce genre de chaînes augmente de jour en jour. Au cours de l’année passée le nombre d’abonnés des 20 chaînes Youtube les plus conservatrices de Corée du Sud et qui diffusent de la désinformation a plus que doublé, selon les recherches menées par le journal de gauche Hanyoreh.

Global Ground s’est intéressé aux 10 premières chaînes du classement, identifiés par Hankyoreh et classés par nombre d’abonnés qui ont produit ou distribué des fakes news anti-réfugiés, anti-musulmans ou anti-LGBTQ au moins une fois. Au total, ces dix chaînes ont produit 11120 vidéos entre le 16 octobre 2017 et le 4 décembre 2018 contenant plusieurs occurrences de fake news anti-musulmans et anti-LGBTQ.

« Nous nous opposons fermement à la loi sur l’homosexualité qui légalisera et autorisera une belle-sœur homme, un beau-frère femme à diriger le pays en fin de compte ». Ceci est le titre d’une vidéo anti-LGBTQ de la chaîne News Town TV dans laquelle deux commentateurs parlent des conséquences de la mise en place de la loi anti-discrimination en Corée du Sud.

Les intervenants suggèrent que l’objectif de la loi n’est pas de soutenir les droits LGBTQ, mais une tentative des ultras-gauches – sympathisant avec le régime nord-coréen – d’installer un gouvernement communiste en Corée du Sud. « C’est pour cela qu’une fois que l’homosexualité se propagera en Corée [du Sud] le pays entier sombrera », dit un intervenant dans la vidéo. A l’instant, la vidéo comptabilise 13911 vues et 1200 mentions « j’aime ».

La vidéo anti-réfugiés la plus visionnée était : “Breaking News: Are they fake or refugees, suspicions arise, The Korean Patriots Party calls for an investigation into a press conference” [Dernières Nouvelles: sont-ils des faux ou des vrais réfugiés, des soupçons apparaissent, le Parti des Patriotes Coréens demande une enquête lors d’ une conférence de presse] via la chaîne « Magpie Broadcast ». Au moment de la rédaction de cet article, cette vidéo comptait 28969 vues et 547 mentions « J’aime ».

Une autre vidéo anti-musulmans intitulée “What is the origin of ‘Islam’ that is threatening South Korea?” [Quelle est l’origine de « l’Islam » qui menace la Corée du Sud ?] diffusée via une chaîne nommée « News Town TV », compte actuellement 27976 vues et 1100 mentions « J’aime ».

Dans cette vidéo, un pasteur s’appelant Lee Man-suk cite dans sa « leçon sur le musulman d’Islam » un exemple de « Taqiyah » disant que « c’est un apprentissage particulier qu’il soit normal de mentir tant que c’est pour Allah, pour Mahomet, pour l’Islam, les communautés islamiques et pour le Coran. » Et c’est pour cela que les gens ont été trompés par les musulmans, ajoute Lee. En réalité, la Taqiyah fait référence à « un déni préventif des croyances religieuses face à d’éventuels poursuites », selon le dictionnaire Oxford de l’Islam.

« La dernière crise des fake news est l’évènement le plus marquant de l’histoire des groupes extrémistes haineux et suscite la peur et les préjugés parmi la population, tout en influençant l’opinion publique », déclare Hwang Pillkyu, avocat à la fondation du droit relatif aux droits de l’homme, Gonggam

Le cas d’environ 500 ressortissants du Yémen, qui ont débarqué sur l’île de Jeju en Corée du Sud pour demander l’asile plus tôt cette année, est un exemple de l’impact considérable de sites tels que Jeong et d’autres. Pour de nombreux Coréens vivant dans l’une des sociétés les plus homogènes du monde, leur arrivée a suscité de nombreuses questions.

Un homme passe devant la mosquée dans « Islam Street » à Itaewon. (Séoul, Corée du Sud, 2018)

Un restaurant de « Islam Street » à Itaewon affiche les drapeaux des pays qui acceptent la nourriture halal. (Séoul, Corée du Sud, 2018)

Un panneau de signalisation d’une station de métro appelée ” Itaewon “, quartier commerçant et nocturne où se trouvent « Islam Street » et les bars transgenres. (Séoul, Corée du Sud, 2018)

De plus, des groupes haineux extrémistes, motivés par des raisons politiques, et comptant dans leurs rangs des évangélistes conservateurs, des nationalistes et des misogynes, étaient prêts à leurs répondre. Ils ont commencé à diffuser de la désinformation sur les réfugiés yéménites avec des hashtags alarmistes tels que « Faux Réfugiés » et « Les Citoyens d’Abord ».

Motivés par cette désinformation, une dizaine de manifestations contre les réfugiés ont eu lieu depuis juillet dernier, chacune avec environ un millier de participants scandant « Faux réfugiés ! Partez ! ».

Certains réfugiés hommes ont reçu des messages haineux, racistes et menaçants sur leurs comptes de médias sociaux, selon Go Eunji, directeur de Nancen , un groupe de défense des réfugiés.

« Les fausses nouvelles ne sont pas une nouveauté en Corée, tout comme le sectarisme n’est pas nouveau dans notre société », a déclaré Go. « Mais à la lumière de la dernière crise de réfugiés sur l’île de Jeju, cela a alimenté la haine. »

Un homme a reçu une menace de mort dirigée contre son bébé, le nom d’un autre homme a été utilisé dans un tract « faux réfugié » ; un autre a été attaqué dans la rue.

« Aujourd’hui, [les réfugiés] sont extrêmement prudents dans leur vie quotidienne et ne révèlent pas leur religion ou leur pays d’origine », a déclaré Go, ajoutant que pour des raisons de sécurité, aucun réfugié ne parlait plus aux médias.

De plus, près de 715000 personnes ont signé une pétition demandant au gouvernement de n’accorder l’asile à aucun réfugié.

Récemment, le gouvernement a refusé le statut de réfugié à tous les yéménites sur l’île de Jeju. Au lieu de cela, 339 d’entre eux ont reçu des visas temporaires d’un an seulement pour des raisons humanitaires, tandis que 34 ont été expulsés, les autres ont été mis en attente.

Les sites de fake news ont joué un rôle en influençant la décision du gouvernement concernant la demande d’asile présentée par 455 Yéménites en Corée du Sud, a déclaré Hong SungSoo, professeur de droit à l’Université pour Femmes Sookmyung de Séoul et expert en discours de haine.

« Les fake news anti-réfugiés ont eu une influence puissante allant au-delà de la simple peur créée dans la population. Cela a en fait mis la pression sur la politique du gouvernement », a déclaré Hong à Global Ground.

YouTube, la Mecque des fake news

Les experts ont souligné que l’algorithme de YouTube et son modèle de monétisation ont contribué à rendre les fake news encore plus populaires.

YouTube partage une petite partie de ses revenus publicitaires avec des créateurs influents – ceux qui comptent au moins 1000 abonnés et 4000 heures de visionnage au cours des 12 derniers mois – une incitation à la création de chaînes populaires.

« YouTube monétise l’influence pour tous, indépendamment de la nocivité de leurs systèmes de croyances. La plate-forme et sa société mère ont permis à des contenus racistes, misogynes et harcelants de rester en ligne – et dans de nombreux cas, de générer des revenus publicitaires – tant qu’ils n’incluent pas explicitement des insultes », selon le rapport « Alternative Influence: Broadcasting the Reactionary Right on YouTube » [ Influence Alternative : Diffusion du Droit Réactionnaire sur You Tube ], publié par Données et Société, un institut de recherche qui se focalise sur les problèmes sociaux et culturels découlant des technologies automatisées et centrées sur les données.

Sur les dix principales chaînes analysées par Global Ground, la plus importante est The Shin’s move, avec 24,7 millions de vues en seulement 30 jours, du 12 novembre au 10 décembre 2018. Chaque année, elle gagne entre 74 200 et 1,2 million de dollars (USD), selon Social Blade, une société d’analyse des médias sociaux.

 

L’algorithme derrière YouTube, qui décide également du contenu suggéré aux utilisateurs individuels, amplifie systématiquement le contenu sensationnel, diviseur et conspirateur, selon un ancien ingénieur de YouTube qui s’est confié au Guardian.

En choisissant de suggérer des vidéos qui fonctionnent déjà bien et peuvent générer des revenus publicitaires – qui souvent sont aussi sensationnalistes et politiquement biaisés – plutôt que des suggestions basées sur l’historique des vues de l’utilisateur individuel, YouTube exacerbe l’influence des fake news sur la plate-forme.

Youtube a assuré au Guardian que son algorithme a été modifié au-delà de l’aspect de l’augmentation du nombre d’heures passées sur la plateforme et décourage à présent le visionnage des vidéos « religieuses incendiaires et suprémacistes ».

En Corée du Sud, cet impact se ressent déjà.

Dans une récente étude  de la Fondation de la Presse Coréenne, 34% des personnes interrogées ont déclaré avoir déjà été confrontées à des fake news sur les réseaux sociaux. Le média numéro un sur lequel ils ont vu des fake news était YouTube, ont-ils ajouté, suivis par Facebook et des applications de messagerie de réseaux sociaux telles que Kakao Talk, le service de messagerie le plus populaire en Corée du Sud.

Selon Frankyoreh, bon nombre de ces articles contenant de fausses informations impliquent des orateurs liés à l’organisation Esther Pray Movement, un groupe évangélique ultraconservateur.

Plus tôt en septembre, Hankyoreh avait répertorié les 22 fake news les plus partagées sur YouTube et les 20 chaînes principales qui diffusaient ces informations, et a été en mesure de les réduire aux 25 personnes qui ont joué le rôle de conférenciers « experts » sur ces chaînes. La totalité des 22 fake news et les 21 orateurs étaient étroitement liés à l’organisation Esther Pray Movement.

En raison de leurs croyances religieuses, les communautés LGBTQ sont l’une des cibles principales du mouvement Esther Pray. À l’occasion des plus grands défilés LGBTQ en Corée du Sud, de nombreux orateurs très conservateurs ont utilisé leurs chaînes YouTube pour appeler les gens à manifester contre les défilés.

Lors des festivals culturels homosexuels à Incheon, une ville limitrophe de la capitale Séoul, et sur l’île de Jeju, les manifestants anti-LGBTQ ont perturbé des événements habituellement pacifiques en scandant des slogans offensants tels que « Rentrez chez vous ! » ou « Nous nous opposons à l’homosexualité parce que nous vous aimons ! » Ils ont également bloqué la route avec des voitures et une barricade humaine dans le but de disperser le défilé.

« Je me souviens d’un manifestant qui criait : « Les écoles primaires sont juste à côté, comment osez-vous organiser un festival homosexuel ici ! », a déclaré Heezy Yang, activiste et artiste homosexuel qui participait aux deux défilés. Yang a déclaré que lui et d’autres se sentaient découragés par les protestations et qu’il était déprimé pendant des jours après-coup.

Mais, sur les chaînes des fake news, les événements ont été présentés sous un jour différent. Des chaînes comme JeongKyu-jae TV ont publié un article décrivant la manière dont un manifestant a été blessé par un véhicule du défilé et recueilli plus de 50 commentaires. Une photo montrant des ambulanciers autour d’un véhicule devait servir de preuve.

Les participants du festival, cependant, ont déclaré que l’homme apparemment blessé s’était glissé sous le véhicule pour bloquer le défilé. Une vidéo montre l’homme aux prises avec des policiers qui tentent de le faire sortir.

Heezy Yang, un homme ouvertement homosexuel et militant des causes LGBTQ +, prend un selfie avant la réception pour le lancement de son livre et l’exposition de ses dessins. (Séoul, Corée du Sud, 2018)

Yang répète avant la réception pour le lancement de son livre. (Séoul, Corée du Sud, 2018)

Une drag queen se produit à la réception pour le lancement du livre de Yang. (Séoul, Corée du Sud, 2018)

Un collier porté par une drag queen lors la réception pour le lancement du livre de Yang. (Séoul, Corée du Sud, 2018)

Une drag queen à la réception pour le lancement du livre de Yang. (Séoul, Corée du Sud, 2018)

La guerre contre les fake news

Les fake news ont atteint de telles proportions que le Premier ministre de la Corée du Sud les a qualifiées de menace pour la démocratie elle-même et les législateurs proposent des projets de loi pour traiter la question.

« Les fake news ont creusé le fossé du discours public et menacé la démocratie », a déclaré Lee Nak-yon le 2 octobre 2018 lors d’une réunion du cabinet, a rapporté Yonhap News TV, alors que  le ministre de la Justice a annoncé le 16 octobre 2018 que les procureurs enquêteraient sur la désinformation, même sans plainte, si l’affaire est considérée comme un « sujet grave ».

Les législateurs ont proposé des projets de loi visant à tenir les plateformes de médias sociaux pour responsables de la gestion insuffisante des fake news.

Par exemple, le parlementaire démocrate Park Kwang-on a proposé un projet de loi inspiré de la loi allemande « Application de la Loi pour les Réseaux » qui impose aux réseaux de médias sociaux, ayant au moins deux millions d’utilisateurs enregistrés, de supprimer les propos haineux et les propos diffamatoires en vertu du Code Pénal allemand dans un délai de 24 heures après la plainte initiale de l’utilisateur.

Les critiques de la loi allemande affirment qu’elle a encouragé la surveillance excessive du contenu, car Facebook et d’autres réseaux de médias sociaux craignent des amendes pouvant aller jusqu’à 5 millions d’euros.

Mais, malgré ses défauts, les experts coréens disent que la loi allemande est plus nuancée que celle proposée par Park et se demandent si une telle loi pourrait être utilisée pour restreindre la liberté d’expression.

Dans la proposition de Park, par exemple, les « fausses informations » impliquent principalement de fausses déclarations contre le gouvernement ou le pays ; lorsqu’elle définit le discours haineux, la proposition manque d’exemples de désinformation contre les communautés minoritaires.

Lors de la session d’inspection et d’enquête de l’Assemblée Nationale de cette année, une audience annuelle ouverte au public, Park a interrogé John Lee, PDG de Google Corée, sur une centaine de vidéos sur YouTube – propriété de Google – qu’il avait signalé comme étant des fake news.

Lorsque Park a demandé à Lee pourquoi le contenu signalé n’avait pas été supprimé, Lee a déclaré : « YouTube n’est pas en mesure de jouer le rôle d’arbitre de la vérité. »

YouTube Corée n’a pas répondu à la demande de commentaire de Global Ground.

La plupart des fake news évoquées par Park étaient des théories du complot sur des événements de l’histoire de la Corée du Sud, comme l’affirmation selon laquelle les forces nord-coréennes étaient à l’origine du soulèvement démocratique du 18 mai à Gwangju, au cours duquel des centaines de Sud-Coréens avaient été tués.

Les exemples de fake news qui ont offensé la communauté LGBTQ ou de messages de haine contre les réfugiés n’ont pas été abordés.

Lorsque Global Ground lui a demandé comment il définirait le discours de haine, l’attaché de presse de Park a fait référence aux directives de la Commission Électorale sur le discours haineux.

Le Comité Électoral, toutefois, n’offre pas de directives spécifiques sur le discours haineux, et les règles existantes dans la Loi Électorale, article 110, se limitent au discours de campagne.

Si les autorités ne peuvent pas définir le type de fausses informations à réglementer en matière de discours haineux, la responsabilité en incombe-t-elle aux entreprises des médias sociaux ?

Combattre la haine

Alors, comment pouvons-nous limiter l’effet d’entraînement des fake news ? Et, plus important encore, comment lutter contre la désinformation liée à la haine qui menace la sécurité et les moyens de subsistance des minorités, notamment les femmes, les LGBTQ, les migrants et les réfugiés ?

This slideshow requires JavaScript.

1. & 5. Des étudiantes sud-coréennes se mobilisent en opposition à la réaction hostile envers les clubs de femmes dans les universités et pour l’égalité des sexes. (Séoul, Corée du Sud, 2018)
2. Des étudiantes sud-coréennes applaudissent en écoutant un discours prononcé lors d’un rassemblement d’opposition à la réaction hostile envers les clubs de femmes dans les universités et pour l’égalité des sexes. (Séoul, Corée du Sud, 2018)
3. Une étudiante sud-coréenne prononce un discours lors d’un rassemblement d’opposition à la réaction hostile envers les clubs de femmes dans les universités et pour l’égalité des sexes. (Séoul, Corée du Sud, 2018)
4. & 6. Des étudiantes sud-coréennes marchant dans la rue. Les pancartes indiquent ” Au revoir 2018, Au Revoir la Répression ” et ” Aucune Femme dans cette Démocratie “. (Séoul, Corée du Sud, 2018)

Sohn Ji-won, avocat au sein de Open Net, un groupe défendant la liberté d’expression, a déclaré que plutôt que de s’attaquer au discours de haine, nous devrions nous concentrer sur la haine elle-même.

« Le problème principal est la culture de la haine, pas l’expression de celle-ci. Ce n’est pas parce que quelqu’un essaiera de supprimer l’expression en ligne que la culture disparaitra également », a déclaré Sohn.

Dans tous les cas, il sera crucial de définir juridiquement ce qu’est un discours haineux et de s’assurer que cette définition ne pourra pas être utilisée à mauvais escient pour des raisons politiques. L’adoption d’une loi anti-discrimination exhaustive est un moyen d’y parvenir, a ajouté Sohn.

La loi anti-discrimination de la Corée du Sud a été proposée pour la première fois sous l’administration démocratique de Roh Moo-hyun en 2006, mais elle a été bloquée au Parlement en raison de l’opposition d’un certain nombre de lobbies, y compris les évangélistes chrétiens et les entreprises qui ont demandé la suppression de certaines conditions anti-discrimination, telles l’orientation sexuelle, le niveau d’éducation, le pays d’origine, la situation familiale ou le service militaire de chacun,  comme l’explique Hong , dans son exposé lors d’un séminaire international organisé le 22 septembre 2017 par le Centre des Droits de l’Homme de l’Université Nationale de Séoul.

Après une série de tentatives infructueuses pour faire adopter le projet de loi anti-discrimination, la Corée du Sud n’a actuellement aucune loi fondamentale protégeant les LGBTQ, les femmes ou les migrants du pays contre le discours de haine et la discrimination.

« Il est indéniable que les fake news complotistes sont devenues un énorme problème social. Les personnes qui diffusent et partagent intentionnellement des nouvelles complotistes contre d’autres groupes, en raison de leur sexe ou de leur orientation sexuelle, devraient être punies, mais pour ce faire, il est urgent d’adopter une loi exhaustive contre la discrimination », a déclaré Yang.

D’ici là, il continue d’organiser des événements soutenant les droits des LGBTQ, en dépit des réactions hostiles qu’ils doivent affronter. « Nous avons pour politique de ne pas réagir à la violence et à la haine par la violence et la haine. C’est toujours blessant de recevoir ces attaques juste à cause de notre existence, mais nous continuons à faire de la résistance pacifique », a déclaré Yang.

Article by Yewon Kang.
Pictures by Jean Chung.
Editing by Denise Hruby and Anrike Visser.
Data analysis by Peter Clark and Yewon Kang.
Illustrations by Imad Gebrayel.
Audio story by Melanie Hall.

Taking you where others don't
Ready to make sense of foreign news?

By subscribing you agree that your information will be transferred to MailChimp for processing in accordance with their Privacy Policy (https://mailchimp.com/legal/privacy/) and Terms (https://mailchimp.com/legal/terms/).